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La parenthèse désenchantée : de la chute de Napoléon III à la Commune de Paris

Après avoir profondément transformé Paris, le Second Empire s’achève dans un climat de tensions diplomatiques, de pressions politiques et de drames nationaux.


Cette période, souvent méconnue des visiteurs, est pourtant essentielle pour comprendre l’histoire de la capitale.

 

1. Pourquoi Napoléon III entre en guerre alors qu’il ne le souhaite pas.

Contrairement à une idée répandue, Napoléon III ne voulait pas la guerre contre la Prusse.

Il s’y retrouve entraîné par un enchaînement d’événements qu’il ne maîtrise plus.

 

Un contexte européen explosif

La Prusse de Bismarck cherche à unifier les États allemands sous son contrôle.

La France voit cette montée en puissance comme une menace, mais Napoléon III espère encore éviter un conflit.

 

Le piège diplomatique de Bismarck.

L’affaire de la candidature Hohenzollern au trône d’Espagne sert de prétexte. 

Bismarck manipule la dépêche d’Ems, la rendant volontairement insultante pour la France.

L’opinion publique s’enflamme, la presse réclame la guerre, les députés poussent à l’affrontement.

 

Un empereur affaibli et isolé

Napoléon III est malade, affaibli, et politiquement fragilisé. Il subit la pression de l’armée, des parlementaires, de la presse nationaliste et de l’opinion publique.

Il finit par céder. Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre — une guerre subie plus que voulue.

 

2. La coalition européenne et la chute de Napoléon III

La France n’est pas prête.

La Prusse, elle, est parfaitement organisée et soutenue par les États allemands du Sud. 

Le 2 septembre 1870, Napoléon III est capturé à Sedan

Le Second Empire s’effondre immédiatement :

·         la Troisième République est proclamée,

·         l’empereur part en exil en Angleterre,

·         il y meurt en 1873, loin de la capitale qu’il avait façonnée.

 

3. Les conséquences : une humiliation nationale sans précédent.

La défaite de 1870 est l’une des plus douloureuses de l’histoire de France. 

Elle entraîne des conséquences politiques, territoriales et psychologiques profondes.

 

La perte de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine.

Le traité de Francfort (10 mai 1871) impose à la France la cession :

·         de l’Alsace (sauf Belfort),

·         d’une partie de la Lorraine, dont Metz.

 

Cette perte est vécue comme une blessure nationale, un arrachement brutal de populations françaises. 

Pendant près d’un demi-siècle, la revendication de ces territoires devient un symbole patriotique majeur.

 

Une humiliation politique et militaire

La proclamation de l’Empire allemand a lieu… dans la galerie des Glaces du château de Versailles, en janvier 1871.

Un affront immense pour la France, qui voit son prestige européen s’effondrer.

 

Une dette colossale

La France doit payer une indemnité de guerre gigantesque : 5 milliards de francs-or, une somme écrasante pour l’époque.

Une armée à reconstruire

L’armée française est démoralisée, désorganisée, et doit être entièrement réformée.

Un traumatisme durable.

 

La défaite nourrit :

·         un désir de revanche,

·         une méfiance envers l’Allemagne,

·         un climat politique instable,

·         une profonde blessure identitaire.

Cette humiliation nationale pèse sur toute la fin du XIXᵉ siècle.


4. Paris assiégée : une ville éprouvée

Après la capture de Napoléon III, Paris subit un siège terrible durant l’hiver 1870‑1871.

La population endure la faim, le froid, les bombardements et l’effondrement économique.

 

5. La Commune de Paris : l’insurrection de 1871

En mars 1871, une insurrection éclate : la Commune de Paris.

Les Parisiens, épuisés par le siège et en désaccord avec le gouvernement réfugié à Versailles, prennent le contrôle de la capitale.

Pendant 72 jours, la Commune met en place des réformes sociales et une nouvelle organisation politique.

Mais en mai 1871, le gouvernement versaillais reprend Paris par la force.

La Semaine sanglante met fin à l’insurrection dans une violence extrême.

Au fil des combats, plusieurs monuments emblématiques de Paris sont dévorés par les flammes.

Certains disparaîtront à jamais, comme le palais des Tuileries, l’ancien Hôtel de Ville, le palais d’Orsay ou encore une grande partie du palais de Justice médiéval.

Dans les rues, les troupes versaillaises percent méthodiquement les barricades dressées aux quatre coins de la capitale.

Ces affrontements urbains, d’une violence extrême, feront plus de quatre mille morts et laisseront une ville profondément meurtrie.

 

Les grands travaux de Napoléon III mis en échec par l’insurrection

Sous le Second Empire, Napoléon III entreprend de remodeler Paris en profondeur.

Les larges avenues tracées par Haussmann ont notamment pour objectif de rendre plus difficile l’érection de barricades et de faciliter l’intervention rapide des forces de l’ordre.

Pourtant, lors des événements de la Commune de Paris, cette stratégie se révèle largement illusoire.

Malgré les grands boulevards censés empêcher toute résistance durable, les insurgés parviennent à dresser des barricades dans de nombreux quartiers et à transformer la ville en véritable champ de bataille.

Les travaux d’urbanisme, pensés pour prévenir une nouvelle révolution, n’auront finalement pas empêché l’insurrection de 1871.


6. Le Sacré-Cœur : un monument pour sceller la réconciliation nationale

Au lendemain de ces événements tragiques, la France cherche à se reconstruire.

C’est dans ce contexte que naît, en 1873, le projet de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Érigé sur la butte Montmartre — lieu symbolique des débuts de la Commune — le Sacré-Cœur se veut un monument d’apaisement, destiné à :

·         tourner la page des divisions,

·         réconcilier une nation meurtrie,

·         offrir un symbole spirituel après les violences de 1870‑1871.

Aujourd’hui, il est l’un des monuments les plus visités de Paris.

 

Conclusion : Paris, une ville façonnée par la grandeur et les épreuves. 

Du rêve modernisateur de Napoléon III à la tragédie de la Commune, en passant par l’humiliation de 1870 et la perte de l’Alsace Lorraine, Paris traverse une période d’une intensité exceptionnelle. 

C’est cette alternance de grandeur, de drames, d’humiliation et de renaissance qui donne à Paris son caractère unique.

 

Paris-cap.fr vous invite à explorer cette histoire fascinante, à la fois romantique, révolutionnaire, moderne et profondément humaine.

 
 
 

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Sellos Roger

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